Borne de recharge
Un disjoncteur pour borne de recharge 7 kW se calibre à 40 A en courbe C, sur une ligne dédiée protégée par un différentiel 30 mA de type A ou B selon ce que la borne intègre déjà. Ce n'est pas une case à cocher sur un devis : c'est la seule combinaison qui protège à la fois l'installation électrique du logement et le circuit électronique de la voiture.
Nous détaillons ici la confusion la plus fréquente, celle qui porte sur le type de différentiel, parce que la charge d'une voiture électrique peut produire un défaut que les protections domestiques classiques ne détectent pas.
| Puissance de la borne | Courant | Calibre du disjoncteur | Courbe |
|---|---|---|---|
| 3,7 kW (prise renforcée) | 16 A monophasé | 20 A | C |
| 7,4 kW (borne 7 kW) | 32 A monophasé | 40 A | C |
| 11 kW (borne triphasée) | 16 A par phase | 20 A | C |
| 22 kW (borne triphasée) | 32 A par phase | 40 A | C |
La courbe C est retenue dans la quasi-totalité des installations de borne, parce qu'elle tolère l'appel de courant au démarrage de la charge sans déclencher à tort, tout en coupant assez vite en cas de court-circuit réel.
Un disjoncteur pour borne de recharge désigne la protection électrique dédiée, posée exclusivement pour ce circuit, qui coupe l'alimentation en cas de surintensité ou de court-circuit. Il se distingue d'un disjoncteur partagé avec d'autres prises du logement sur deux points : son calibre est dimensionné pour l'appel de courant prolongé d'une charge de plusieurs heures, et il ne doit alimenter aucun autre appareil, pour qu'une surcharge ailleurs dans le logement ne coupe jamais la charge en cours.
L'installation suit toujours le même enchaînement, quelle que soit la puissance de la borne. Du tableau électrique général part une ligne dédiée, protégée en tête par le disjoncteur au calibre du tableau ci-dessus, lui-même précédé d'un interrupteur différentiel 30 mA dont le type dépend de la borne. Le câble, dont la section dépend de la distance à parcourir, relie cette protection au boîtier mural, qui délivre enfin le courant au câble type 2 branché sur la voiture.
Deux points de ce schéma ne se négocient jamais : la ligne doit être dédiée, sans aucune autre prise ou appareil en aval du même disjoncteur, et la terre doit être reliée sur tout le parcours, du tableau jusqu'au boîtier. Une terre absente ou mal reprise est l'une des causes les plus fréquentes de refus au contrôle Consuel.
Une charge de véhicule électrique peut, en cas de défaut interne au chargeur embarqué, injecter un courant continu lisse dans le circuit. C'est ce que les différentiels domestiques classiques, conçus pour des fuites en courant alternatif, ne détectent pas.
Certaines bornes intègrent un module de détection de courant continu résiduel de 6 mA, directement dans leur électronique. Quand c'est le cas, un différentiel type A 30 mA en tête d'installation suffit, parce que la borne assure elle-même la détection du défaut continu. Quand la borne n'intègre pas ce module, la réglementation impose un différentiel type B sur le circuit dédié, seul capable de couvrir ce risque depuis le tableau.
C'est une caractéristique à vérifier dans la fiche technique de la borne avant l'achat, et non une variable laissée au choix de l'installateur une fois le matériel livré : le mauvais différentiel associé à une borne sans détection intégrée laisse un défaut continu invisible, qui ne déclenche jamais la coupure.
Cette exigence est inscrite dans la norme NF C 15-100, dans sa partie consacrée aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (section 7-722), complétée par le guide UTE C 15-722 pour la mise en œuvre pratique. Ce sont les textes que tout installateur qualifié IRVE applique, et que le certificat Consuel vérifie avant la mise en service.
Choisir le bon calibre ne suffit pas si la pose elle-même n'est pas conforme. La pose d'un disjoncteur et d'un différentiel dédiés à une borne de plus de 3,7 kW doit être réalisée par un installateur qualifié IRVE, au même titre que le reste de l'installation. C'est le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 qui l'impose, renforcé par l'arrêté du 27 octobre 2021, et un professionnel formé par Qualifelec ou AFNOR qui l'atteste. Un électricien généraliste, même compétent sur une installation domestique classique, n'a pas nécessairement la formation spécifique aux défauts de courant continu que pose une charge de véhicule électrique.
Nous ne recommandons jamais de poser ou de modifier soi-même cette protection, y compris en se limitant au tableau électrique : une erreur de type de différentiel ne se voit pas à l'usage, elle se découvre au moment où elle aurait dû protéger quelqu'un.
Un disjoncteur sous-dimensionné déclenche trop souvent, ce qui coupe la charge en pleine nuit sans que personne ne s'en aperçoive avant le lendemain matin, batterie toujours vide. Un disjoncteur surdimensionné à l'inverse ne coupe pas assez vite en cas de défaut réel, et laisse un courant excessif circuler plus longtemps qu'il ne le devrait dans le câble et le boîtier. Un différentiel du mauvais type, enfin, ne présente aucun symptôme visible tant qu'aucun défaut ne survient : c'est une protection qui semble fonctionner normalement au quotidien, jusqu'au jour où elle aurait dû agir et n'agit pas. C'est précisément ce risque silencieux qui justifie que la réglementation impose un professionnel qualifié plutôt qu'un choix laissé à l'appréciation de chacun.
Un devis d'installation de borne qui ne mentionne ni le calibre du disjoncteur, ni le type exact du différentiel, laisse un doute qui ne devrait pas exister. Ces deux informations se vérifient avant la signature, pas après la pose. Pour obtenir un devis qui détaille ce point, décrivez votre projet en deux minutes : un installateur qualifié IRVE de votre secteur vous rappelle.
La puissance de la borne, elle, se choisit en amont : nos guides sur la borne 7 kW et sur les bornes 11 et 22 kW triphasées détaillent ce qui distingue chaque niveau de puissance avant même de parler de disjoncteur.
Un disjoncteur de 40 A en courbe C, sur une ligne dédiée, associé à un différentiel 30 mA de type A si la borne intègre une détection de courant continu résiduel, ou de type B si elle ne l'intègre pas.
Cela dépend de ce que la borne intègre déjà. Une borne avec détection intégrée de 6 mA de courant continu résiduel se protège avec un différentiel type A ou F. Une borne sans cette détection impose un différentiel type B, seul capable de couvrir un défaut en courant continu lisse.
10 mm² au-delà d'une quinzaine de mètres entre le tableau et la borne, 6 mm² en dessous. Nous détaillons ce point dans notre guide sur la borne 7 kW.
Tableau électrique, disjoncteur dédié au calibre de la borne, différentiel 30 mA du type adapté, câble à la section calculée, puis boîtier mural. La ligne doit rester dédiée sur tout le parcours, sans aucune autre prise en aval, et la terre reliée d'un bout à l'autre.
32 A d'usage, protégés par un disjoncteur calibré à 40 A pour conserver une marge de sécurité par rapport à l'intensité réellement consommée pendant la charge.
Non. La ligne doit être dédiée exclusivement à la borne, sans partager son disjoncteur avec une autre prise ou un autre appareil, pour qu'une surcharge ailleurs dans le logement ne coupe jamais la charge en cours et pour respecter le calibrage propre à l'appel de courant prolongé d'une charge.
Non, dans la quasi-totalité des cas. Un différentiel domestique standard ne détecte pas un défaut en courant continu lisse, que seule une protection type B couvre pleinement, sauf si la borne intègre elle-même un module de détection à 6 mA, auquel cas un différentiel type A suffit.
Un installateur qualifié IRVE, exclusivement, au-delà de 3,7 kW. C'est une obligation réglementaire, pas une simple recommandation, et son non-respect expose à un refus du certificat de conformité Consuel.